La butte castrale avec l'ancien château des Ducs de Bourgogne et le site industriel, dit « Vallourec », en contrebas le long du canal, sont les marqueurs de Montbard, tant sur le plan historique que nécrologique.
- Le château où naquit Aleth de Montbard, mère de St Bernard, n'eut que peu de temps une fonction défensive.
Il vit y séjourner Philippe le Hardi, Jean Sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire.
- Buffon (1707-1788) intendant au jardin du Roi (Muséum), philosophe écrivain, scientifique et maître de forges, né et inhumé à Montbard fut un des rares hommes des Lumières à être resté fidèle toute sa vie à sa ville. Montbard et le Parc Buffon étaient célèbres dans l'Europe entière, de Jean-Jacques Rousseau à Catherine II de Russie. Son compatriote Daubenton (1716-1800), 1er Directeur du Muséum de Paris et son plus proche collaborateur, eut la même attache à ses terres bourguignonnes.
- Le peintre et dessinateur Jean Bardin (1732-1809), peintre d'histoire et de scènes mythologiques, dont de nombreux musées en Europe, tel le Louvre, possèdent et exposent ses œuvres. Jean Bardin est né à Montbard.
- Le Général Junot, Duc d'Abrantès, né à Bussy le Grand, aide de camps et proche de Napoléon, terminera ses jours à Montbard … Montbard qui accueillit également l'Empereur.
- Le sculpteur Eugène Guillaume (1822-1905), né à Montbard, fut Directeur de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts, Directeur de l'Académie de France à Rome, membre de l'Académie française. L'œuvre d'Eugène Guillaume est exposée au Musée d'Orsay.
Des hommes moins célèbres, mais au destin étonnant, naquirent à Montbard et pour certains y vécurent.
- Georges Loye, né en 1841 dit « Georges de Montbard », caricaturiste, graveur, écrivain, voyageur prit une part importante à la Commune de Paris. Il fut obligé de s'exiler et décédera à Londres en 1905.
- Anatole Hugot, né en 1836, négociant en vin, maire de Montbard en 1871 fut révoqué en raison de son attachement à la République. Elu député en 1876, à gauche, il décédera à Montbard en 1907.
- Edme Piot, d'origine modeste, Sénateur, Président du Conseil Général de la Côte- d'Or, est né en 1828. Entrepreneur, il fut à l'origine, de la colline de Chaillot à Paris, de la ligne ferroviaire P.L.M, et de nombreux ouvrages d'art industriel. Au Sénat, il défendit l'aide aux plus démunis et aux familles nombreuses avec acharnement jusqu'à sa mort en 1909.
- Enfin Benjamin Guérard (1797-1854) né à Montbard fut membre de l'Académie et Directeur de la prestigieuse Ecole des Chartres.
Le grand tournant et la mutation sociale de Montbard fut l'établissement des usines de fonderie par les frères Bouhey en 1895 (proximité du canal et projets politiques).
La « Société française des corps creux » fabriquait des tubes et bouteilles métalliques sans soudures. La guerre de 1914-1918 permit un développement considérable des activités métallurgiques. En 1939, l'usine comptera près de 2 000 ouvriers. C'est toute une infrastructure urbaine et sociale qui se met en place, progressivement, la main d'œuvre des campagnes sera complétée par des embauches d'émigrants.
De nouvelles règles de sociabilité s'établissent. Des logements pour ouvriers et contremaîtres sont construits. Ce seront les Cités Fays, les Cités de la Marne et les Cités de Verdun. Les ingénieurs seront au lieu dit Corcelotte.
En 2009, la Ville de Montbard conserve cet équilibre entre une ville traditionnelle, presque à connotation rurale et une ville industrielle.
Le tissu social de Montbard est marqué par des générations « ayant travaillé aux usines », mais aussi par des commerçants et fonctionnaires, car l'arrivée du train en fera une Sous-Préfecture.
Une ville qui n'est pas monolithique, donc une ville qui vit.