Découvrir Montbard → Histoire de la ville

L'origine de la ville de Montbard

Aleth de montbard

Aleth de Montbard

Celle-ci remonte à la plus haute antiquité. Un oppidum* gallo-romain couronnait sans doute l’actuelle butte du parc, car quand Buffon fit aménager les terrasses du château, de nombreuses monnaies romaines y furent découvertes.

Le plus ancien comte de Montbard connu est Bernard 1er, le père de la bienheureuse Aleth de Montbard dont une plaque apposée sur la tour Saint-Louis rappelle le souvenir.
Aleth est la mère de Saint Bernard, fondateur des abbayes de Fontenay et de Clairvaux. Il est l’un des rédacteurs de la charte des Templiers. André de Montbard, l’un des neuf chevaliers fondateurs de l’ordre, en fut le grand maître de 1153 à 1157.

Saint Bernard

Saint-Bernard

A cette époque, il existait déjà un château, et des murailles entouraient la ville.

Le duc Hugues III qui depuis longtemps convoitait cette forte position féodale, l’échangea avec Epoisses, à la suite de la mort du comte de Montbard André II, devant Saint Jean d’Acre au cours de la IIIème croisade (1189).

La ville fut l’une des premières à obtenir une charte communale en 1251 du Duc Hugues V. Celle-ci permettait l’élection d’un maire et des échevins parmi les membres de la communauté. La charte est toujours visible dans le salon d’honneur de la mairie de notre cité.

Gravue de Montbard

Gravure de Montbard

Les ducs de Bourgogne font de fréquents séjours à Montbard. Ils sont accompagnés d’une cour brillante et nombreuse. Ils contribuent ainsi au développement de la ville. Le château est réparé et embelli.

Le 13 avril 1423, le duc Jean sans Peur y marie sa fille Anne avec le duc de Bedford, 3ème fils du roi d’Angleterre.

En 1430, le duc Philippe le Bon, de retour de guerre, donne le Jacquemart à « sa bonne ville de Montbard ».

 

Jacquemart 

Jacquemart

Le château, forte place d’armes, ne fut jamais pris. Même en 1590, pendant les guerres de religions où la ville soutenant la Ligue (catholique) dut soutenir un siège mémorable, contre les 10 000 hommes du comte de Tavannes (protestant), lieutenant d’Henri IV.

Grâce à leur artillerie, ils prennent les faubourgs pourtant fortifiés. Ils donnent ensuite en vain l’assaut aux murs de la ville. Ayant réussi à créer une brèche dans la tour Chifflot (aujourd’hui disparue), ils y pénètrent, mais sont aussitôt repoussés, essuyant de lourdes pertes. Après d’autres tentatives infructueuses et après 18 jours de siège, ils doivent se retirer faute de poudre.

*Un oppidum est un lieu de refuge public, caractéristique de la civilisation celtique, dont les défenses naturelles ont été renforcées par des travaux collectifs. Il est souvent situé sur un lieu élevé (une colline ou un plateau), mais peut aussi être sur une île, un cap, dans un méandre de fleuve, un marais, etc.

Etymologie

L'étymologie du nom de Montbard reste incertaine.

Le nom même de Montbard a donné lieu à diverses suppositions :

  • "Montis Barri", le mont qui barre la vallée de la Brenne : le vieux mot « bard » désigne dans le vocable celtique un mont isolé, d'où les noms de Bard (Loire), Bard-le régulier et Bard-les-Epoisses (Côte d'or).
  • "Castus Montusbarri" est cité dans plusieurs chartes (dont la charte communale de 1231, octroyée par le duc Hugues IV). Castrum désignait le château mais aussi la ville fortifiée, le château est sur un mont.
  • "le mont des Bardes" : Jean Nadault dans son manuscrit « Mémoires pour servir à l'histoire de la Ville de Montbard » dit que la ville existait à l'époque des bardes, ces poètes et chanteurs celtes, d'où le « d » placé à la fin de son nom. La légende attribue à Bardus, cinquième roi des Gaulois, la fondation des écoles de musique où enseignaient des bardes, et l'on soutint même que celle de Montbard était la principale.

Les personnalités de Montbard

Portrait de Buffon

Comte de Buffon

Histoire naturelle

Histoire Naturelle - La dissection

Georges Louis Marie Leclerc, comte de Buffon, voit le jour à Montbard le 7 septembre 1707.

Il poursuit des études de droit à Dijon puis de médecine et de botanique à Angers. Il traduit « Le traité des fluxions » (calcul différentiel et intégral) de Newton et « La statique des végétaux » de Hales. Son mémoire mathématique sur « Le jeu du franc carreau » (calcul de probabilité) lui vaut d’être élu, à 26 ans, à l’Académie des Sciences, section mécanique. Ses travaux en sylviculture lui permettent en 1739, d’être élu aussi à la section botanique.

Louis XV le nomme, le 1er août 1739 intendant du Jardin des Plantes à Paris. Buffon l’administrera pendant près de 50 ans. L’enrichissement des collections est assuré par les contacts que Buffon entretient avec divers souverains étrangers, des savants de toute l’Europe voire de simples voyageurs. Buffon leur fait décerner le titre honorifique, mais recherché, de correspondant du Jardin du Roi.

Très attaché à sa terre de Montbard, il ne passe que quatre mois à Paris et le reste de l’année dans sa ville natale, où il a fait aménager les ruines du château des ducs de Bourgogne, en un magnifique parc que l’on peut encore admirer de nos jours. Pour son agencement, il fit transporter la terre dans des hottes, en veillant que celles-ci soient petites pour les femmes et que les ouvriers soient bien traités.

1749, parution du 1er volume de « L’Histoire Naturelle ». Oeuvre immense, prévue en 15 volumes, elle en comportera finalement 36 !

L’activité scientifique de Buffon touche tous les domaines, il se passionne pour les expériences sur les miroirs ardents et sur les débuts de l’électricité. En 1752, en plaçant un paratonnerre, de son invention, sur sa maison de Montbard, Buffon vérifie l’hypothèse de Benjamin Franklin, sur l’identité de la foudre et de l’électricité.

Le 25 août 1753, Buffon est reçu à l’Académie Française. Partisan du beau langage et de sa perfection, il remplace le traditionnel éloge de son prédécesseur par le célèbre « Discours sur le style » qui le place parmi les plus grands littérateurs de son siècle.

1769, Buffon fait construire puis dirige des forges (au village de Buffon, près de Montbard) où il mènera de nombreuses expériences. Celles-ci le serviront pour assoir sa théorie sur l’âge de la Terre, pour le volume « Les Epoques de la Nature », où il met en lumière, pour la première fois, l’immensité des temps géologiques.

1772, Buffon est élevé au titre de comte, par le roi, en reconnaissance de ses grands services.

Souffrant depuis longtemps de la maladie de la pierre, il meurt le 16 avril 1788 à Paris. Le cortège de ses funérailles sera suivi par plus de 20 000 personnes. Il sera inhumé à Montbard dans l’église St Urse.

 

 Daubenton

Statue de Daubenton
au Parc Buffon de Montbard

Louis Jean-Marie Daubenton voit le jour à Montbard le 29 mai 1716. Il fait des études de médecine et s’établit docteur à Montbard.

 Dès 1742, Buffon le fait venir à Paris et en 1745 le nomme garde et démonstrateur du Cabinet d’Histoire Naturelle.

Il est, pendant la réalisation des 15 premiers volumes de l’Histoire Naturelle, un fidèle collaborateur de Buffon. Daubenton a de solides qualités pour cela : justesse d’esprit, exactitude des observations et patience dans les expérimentations, plus de la moitié des chapitres de ces quinze volumes sont écrits de sa main. Il apporte à Buffon toutes les observations scientifiques à partir desquelles le génie audacieux de ce dernier va proposer des hypothèses souvent hardies et retranscrire la puissance de la nature grâce à son brillant style rédactionnel.

Cette collaboration prend fin en 1767, lorsque Buffon écrit le premier volume des oiseaux.

Daubenton reste alors au Jardin des Plantes où il publie les résultats de diverses recherches personnelles, comme, l’analyse d’os fossiles que l’on attribuait, à des géants qui auraient vécu sur Terre avant le déluge suivant la Genèse. Il démontre que ces os ne sont en fait que des os de girafes fossilisés !

Daubenton, membre de plusieurs académies française et étrangère, se consacre ensuite au professorat : 1778, professeur de géologie au Collège Royal (Collège de France), 1793, titulaire de la chaire de minéralogie au Museum d’Histoire Naturelle. Il enseigne aussi à l’École Normale.

A partir de 1782, il revient régulièrement, à Montbard, surveiller son expérience d’acclimatation des moutons mérinos en France. C’est lui qui a introduit cette race sur le sol français. La réussite de cette initiative lui vaut d’être appelé par les sans-culottes « le berger Daubenton ».

Il est nommé membre du sénat en 1799. Mais frappé d’apoplexie, en pleine séance, il meurt dans la nuit de 31 décembre 1799. Il est inhumé dans le labyrinthe du Museum à Paris.

Jean Andoche Junot

Jean Andoche Junot

Jean Andoche Junot, duc d’Abrantès, voit le jour à Bussy-le-Grand le 25 septembre 1771.

A 20 ans, il s’engage dans l’armée napoléonienne. Au début, simple grenadier, Bonaparte, remarquant sa « bouillante ardeur » (qui lui vaudra le surnom de « la Tempête ») le prend comme secrétaire.

On raconte qu’écrivant une dépêche, un boulet couvrit son papier d’une épaisse poussière de sable et que sans trahir la moindre émotion, il s’écria « Bien, nous n’avions pas de sable pour sécher l’encre, en voici ».

Bonaparte le prend alors comme aide de camp. Il participe aux campagnes d’Italie, d’Egypte, se distingue au Portugal où Napoléon le fait duc d’Abrantès. Il prend part à la campagne de Russie.

Plusieurs fois blessé à la tête, sa raison flanche, en 1813, il va jusqu’à se présenter à un bal à Raguse seulement vêtu de ses décorations. Ramené chez son père à Montbard, il se jette par la fenêtre et meurt de ses blessures le 29 juillet 1813.

Son nom figure sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile à Paris.

Anacréon

Anacréon, musée d'Orsay

Eugène Guillaume (1822-1905), sculpteur né à Montbard, fut Directeur de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts, Directeur de l'Académie de France à Rome, membre de l'Académie française.

Élève du sculpteur James Pradier, il remporte le Premier Grand Prix de Rome de sculpture en 1845 avec une statue ayant pour sujet "Thésée trouvant sur un rocher l'épée de son père".

L'œuvre d'Eugène Guillaume est exposée au Musée d'Orsay.

Jean Bardin

Tullia fait passer son char sur
le corps de son père
- Jean Bardin

Jean Bardin (1732-1809), peintre d'histoire et de scènes mythologiques, dont de nombreux musées en Europe, tel le Louvre, possèdent et exposent ses œuvres.

Jean Bardin est né à Montbard.

Des hommes moins célèbres, mais au destin étonnant, naquirent à Montbard et pour certains y vécurent.

  • Georges Loye, né en 1841 dit « Georges de Montbard », caricaturiste, graveur, écrivain, voyageur prit une part importante à la Commune de Paris. Il fut obligé de s'exiler et décédera à Londres en 1905.
  • Anatole Hugot, né en 1836, négociant en vin, maire de Montbard en 1871 fut révoqué en raison de son attachement à la République. Elu député en 1876, à gauche, il décédera à Montbard en 1907.
  • Edme Piot, d'origine modeste, Sénateur, Président du Conseil Général de la Côte- d'Or, est né en 1828. Entrepreneur, il fut à l'origine, de la colline de Chaillot à Paris, de la ligne ferroviaire P.L.M, et de nombreux ouvrages d'art industriel. Au Sénat, il défendit l'aide aux plus démunis et aux familles nombreuses avec acharnement jusqu'à sa mort en 1909.
  • Benjamin Guérard (1797-1854) né à Montbard fut membre de l'Académie et Directeur de la prestigieuse Ecole des Chartres.

La métallurgie à Montbard

fogres de Buffon

Forges de Buffon

Montbard, située au coeur d’une région agricole et forestière, ne semblait pas, à priori, destinée à devenir la plus importante agglomération industrielle de la Côte-d’Or et devoir abriter le premier groupe métallurgique de la région Bourgogne.

Pourtant, on peut penser qu’elle en a la vocation, puisque déjà, au XVIIIe siècle, Buffon a installé ses forges sur un bras de la rivière l’Armançon à Buffon, village près de Montbard, qui grâce aux savoir de son maître, prend une telle extension qu’elle devient la plus importante de France.

usine des corps creux

Usine des Corps Creux

En 1895, Les Frères Bouhey fondent la Société Française des Corps Creux et installent une usine à Montbard. La fonderie n’est montée qu’en 1897. Elle a des débuts difficiles. La « Société française des corps creux » fabriquait des tubes et bouteilles métalliques sans soudures. La guerre de 1914-1918 permit un développement considérable des activités métallurgiques.

En 1899, cette exploitation est cédée à la Société Métallurgique de Montbard, mais garde longtemps l’appellation « Corps Creux ».

C'est toute une infrastructure urbaine et sociale qui se met en place, progressivement, la main d'oeuvre des campagnes sera complétée par des embauches d'émigrants. De nouvelles règles de sociabilité s'établissent. Des logements pour ouvriers et contremaîtres sont construits. Ce seront les Cités Fays, les Cités de la Marne et les Cités de Verdun. Les ingénieurs seront au lieu dit Corcelotte.

 Site industriel

Patrimoine historique

En 1902, l’usine Métal Déployé vient rejoindre la Société métallurgique de Montbard. Bien qu’à ses débuts, le groupe métallurgique participe brillamment à l’Exposition de 1900.
En 1907, à la suite de la création de l’usine d’Aulnoye (nord), la Société prend le nom de Société Métallurgique de Montbard-Aulnoye.
En 1937, suite à la fusion avec la Société Louvroil-Recquignies, la société s’appelle L.M.A. ( Louvroil-Montbard-Aulnoye ).
Pendant la période de 1934 à 1942, l’usine commence la modernisation de ses moyens de fabrication.
Durant la 2ème guerre mondiale, l’usine fournit l’immense effort de travail commandé par les évènements (39-40). Le 6 juin 1944, l’usine subit un bombardement et fin août, c’est la destruction systématique par les allemands des points vitaux de celle-ci. Après la Libération, s’ouvre la période de reconstruction.
En 1957, la société Vallourec (Valenciennes-Louvroil-Recquignies) succède à L.M.A.
En 1967, Vallourec s’associe avec le tubiste anglais Tube-Investisment pour créer la société Valti.

Site industriel

Le site indutriel

En 1973, au plus fort de leur activité, les 4 usines emploient 2400 personnes.
En 1987, Vallourec supprime 250 emplois et se transforme en une holding industrielle et financière. De ces restructurations successives naît la filiale Valinox.
En 1993, Montbard Inox succède à la division tuberie Valinox. La division nucléaire Valinox est maintenue.

En 1994, 150 à 200 salariés sont licenciés. Grâce à une mobilisation sans précédent et à la détermination des dirigeants de l’entreprise, une réunion des trois principaux tubistes peut être réalisée.
L’italien Dalmine, l’allemand Mannesmann et le français Vallourec se regroupent au sein de DMV Stainless. En 1994, DMV succède à Montbard Inox.
Au 1er février 2006, DMV devient Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes France Valinox, suite au projet Narval, pose la 1ère pierre de son extension le 16 octobre 2009.
Le bassin métallurgique est donc particulièrement implanté dans notre cité. Baptisé la Metal’Valley, il regroupe 7 grandes entreprises métallurgiques qui font vivre de nombreuses entreprises sous-traitantes.
Actuellement, Métal’Valley comptabilise 1750 emplois. Depuis 2008, 250 personnes ont été recrutées, de 2010 à 2013, 150 à 200 emplois supplémentaires sont prévus.